Aveyron, 12

Et encore ...

Brussac

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Brussac est situé au nord de la commune à la limite d'Estaing, proche de la vallée de Sébrazac. Le suffixe "ac", témoignage de la présence romaine, il marque la propriété, le territoire de Bruccus ou Bruthus, d'où le nom de Brussac. Village quelque peu méconnu car difficile d'accès, le prieuré de Brussac existait déjà au XIIe siècle. La paroisse de l'ancien régime était peu étendue, la réorganisation de 1803 lui attribua aux dépend de Sainte Eulalie : Alac, les Agachiols, La Borie, Talou, Sébal, Maymac et Calzié. L'abbé Victor Noyé fit rehausser le presbytère en 1868 mais quand il voulut déplacer le cimetière, il se produisit tant de divisions que le curé préféra demander sa mutation. L'apaisement revenu il n'était question que d'aménager l'ancien cimetière et d'assainir l'église. Peu après fut construit le nouveau chemin de Brussac et le clocher reçu une troisième cloche. Le château, aujourd'hui disparu, appartenait à la seigneurie de Brussac, il ne reste aujourd'hui que la tour datant du XIe siècle. Il y avait deux écoles à Brussac : une privée située au couvent et une laïque à l'opposé du village qui ferma au début des années 1970. Ce hameau dénombre aujourd'hui cinq foyers à l'année, plus quatre résidences secondaires.

Coudournac

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Le village de Coudournac qui constitue un habitat très ancien, est établi sur le plateau calcaire dans un site relativement isolé situé à l'est de Bozouls en limite de la commune de Gabriac. On dénombre plusieurs dolmens datant de plus de 2000 ans. La population groupée, pour des raisons de défense, auprès du point d'eau, s'efforçait de tirer de champs assez maigres, ce qu'il était nécessaire pour vivre. Au XIIe siècle, Coudournac alors appelé Scodornon faisait partie de la seigneurie de Boazon (Bozouls), ensuite il s'appela Scordone puis Escoudournac pour devenir Coudournac. Sous l'Ancien Régime il dépendit de plusieurs co-seigneurs qui y prélevaient des redevances. Pendant la Guerre de 100 ans, Coudournac fut pillé et dévasté par les bandes anglaises. De 1586 à 1588 une épidémie de peste ravagea la population. En 1604, il y avait 11 familles au village, jusqu'à 116 habitants en 1804, aujourd'hui on compte 32 habitants pour 11 feux. En 1939, la première école fut ouverte, et la seconde qui ouvrit en 1955 ferma en 1970. L'agriculture conserve une place importante dans la vie du village qui compte encore 4 exploitations pour plus de 1000 bêtes.

Crespiac

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Comme bien des domaines, Crespiac dépendait d’un monastère (Bonneval au XIIIe et XIVe siècles). Sa production fut d’abord céréalière avant de se tourner vers les bovins et l’Aubrac. Au fil des ans, il y eut partages, ventes de parcelles, fermages. La présence de notables-propriétaires ruthénois qui aménageaient une habitation et louaient les terres est une autre constante. La maison de maître elle-même est typique du Causse Comtal. Une tourelle carrée à toit pavillonnaire en accolade abrite le pigeonnier et domine l’ensemble de la bâtisse rectangulaire. L’origine de la bâtisse remonte pour l’essentiel aux années 1780, sa construction est due à Jean-Joseph Trédolat-de-Maymac, juge présidial à Rodez, recensé en 1811 parmi les plus imposés du département. Elle s’appuie sur une bâtisse plus ancienne à usage d’habitation pour le fermier. En 1811, Crespiac fut le théâtre d'un véritable reglement de comptes opposant le juge Trédolat de Maymac et le curé de la paroisse Jean Constans. Le climat s’envenime et les rapports du curé et du juge vont de mal en pis. A chaque volée d'injures les gens prennent l’habitude de dire : Il pleut sur Crespiac ! Finalement, le juge est condamné à une peine symbolique, et une enquête est ouverte sur les agissements du curé.

LES BRUNES

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Le domaine des Brunes se situe au coeur du Causse Comtal, en bordure de la route Curlande-Bozouls. Il comprend une maison de maître du XVIIIe et XIXe siècle, 2 fermes et une dizaine d'habitations (20 habitants à l'année). La bâtisse principale du domaine comprend un porche voûté, une haute tour coiffée en poivrière, un magnifique escalier daté de 1830. En 1731 elle est la demeure du jeune Paul-Louis de la Tour Saint Igest, plus connu pour sa vie hors du commun de personnage peu recommandable. Mort à demi fou en 1796, ce père indigne eut une fille Elisa qui a semble t-il servi de modèle à la pure et fraîche héroine de Paul et Virginie. Bernardin de Saint Pierre aurait fait la connaissance d'Elisa, modèle d'innocence, pendant que son père s'ingéniait à détourner les poursuites de ses créanciers. Le domaine prit toute son importance aux alentours de la Révolution grâce à Jean Antoine, négociant à Marseille. Ses descendants garderont les Brunes jusqu’en 1905. Pourtant, lorsque à cette date, la famille David achète le domaine elle traite avec la famille du comte des Brunes qui illustre les complaisances de l’état civil de l'époque. Beaucoup de notables n’ont pas résisté au charme des connotations nobiliaires ou supposées telles.

PAUMES

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Vers le milieu du XVIe siècle, la famille Boyer était déjà établie sur le domaine de Paumes. En 1811, Antoine Boyer faisait partie de la liste des six cents plus imposés du département, c’est vers cette époque que les bâtiments furent transformés. Le mariage de Mademoiselle Boyer avec Jean-Louis Affre va donner naissance à Denis Affre, le futur archevêque de Paris. Lors de la Révolution de 1848, la troupe et les insurgés vont s’affronter. Monseigneur Affre, l’archevêque aveyronnais de Paris, va y être tué, mortellement blessé par une balle : la belle âme de Monseigneur n’a pu supporter cet affrontement entre des enfants de Dieu. Il s’avancera vers les insurgés pour les séparer, précédé par un jeune homme agitant un rameau de feuilles vertes en signe de paix avant d'être frappé et immortalisé. Sa mort choqua les belligérants au point qu’ils arrêtèrent les combats, donnant ainsi toute leur valeur à ses dernières paroles : …que mon sang soit le dernier versé. Depuis 1962, le domaine de Paumes, accolé à la route qui conduit à Barriac, servait de centre aéré pour les Oeuvres laïques de l’Aveyron. Aujourd’hui, habitation particulière, la bâtisse garde le souvenir des grands ecclésiastiques pour certains, et de colonies de vacances, pour d’autres.

Seveyrac

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La tour fortifiée de Séveyrac présente toutes les caractéristiques des tours de ces grands domaines ecclésiastiques que l’on appelait granges. Ces terres ont été données en 1165 par Hugues, comte de Rodez, à l’abbaye de Bonneval. Les moines vont mettre le domaine en valeur, l’exploiter, bâtir la tour-grenier au XVe siècle, puis prendre des fermiers du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution. Le grand four à pain, la porcherie, la bergerie, l’étable et une immense grange sont regroupés autour de la tour. Le domaine de Séveyrac a également conservé l’aire de battage, le jardin des moines et une fontaine aménagée avec un vivier. C’est un petit village à lui seul. La tour fortifiée, à la fois grenier et donjon, occupe le point central avec pour mission de stocker et de protéger les récoltes. A la fin du XIXe siècle, Séveyrac va passer par mariage à un vicomte et un poète fin lettré au patronyme célèbre : Bernard d’Armagnac. Le domaine situé sur la grande draye qui conduit depuis toujours les troupeaux vers l’Aubrac, ne pouvait que l’inspirer. On l’imagine en haut de la tour de quatre étages, les yeux tournés vers la montagne, écrire son plus célèbre poème sur la montée des vaches où il chante Séveyrac.