Aveyron, 12

Personnages célèbres

Adolphe boisse

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Un aveyronnais méconnu

 
Né à Rodez le 1er septembre 1810 dans la maison Renaissance de la place du bourg (maison de l'annonciation), il fut tour à tour Ingénieur, Directeur des mines de Carmaux, Député, Sénateur, mais également chercheur passionné (archéologie, géologie, agriculture…). En 1870 il publie son œuvre maîtresse «l'Esquisse Géologique de l'Aveyron» et «l'Atlas Physique et Statistique de l'Aveyron». Ces deux écrits ont été couronnées par la médaille d'argent du Congrès scientifique de France en 1874. Adolphe Boisse est devenu Bozoulais en s'installant au château du Colombié sur les flancs du Puech du Jou où ses longues promenades le conduisaient régulièrement.
 
Sa carrière et son œuvre furent d'une immense richesse. Gestionnaire à la fibre sociale : il développe les mines de Carmaux en n'ayant de cesse de travailler à l'amélioration de la sécurité des mineurs. Inventeur : il met au point un appareil respiratoire (scaphandre) pour permettre aux équipes de sauvetage de pénétrer dans les mines remplies de gaz irrespirables. Il construit une pompe en eau de chaudière de machines à vapeur dans le but de supprimer les explosions aux conséquences catastrophiques. Ingénieur : il étudie et exécute le chemin de fer de Carmaux à Albi et trace la liaison Rodez-Toulouse. Agronome : il expérimente et implante en Aveyron la technique du chaulage. Curieux et vulgarisateur : membre puis Président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron, il n'y a guère de domaine auquel il n'apporte sa contribution (archéologie, météorologie, études de météores, questions agricoles, géologie, transports, chemin de fer...).
 
Travailleur infatigable, esprit méthodique, Adolphe Boisse a réalisé une œuvre considérable, d'une exceptionnelle envergure où il a abordé les problèmes techniques, économiques et scientifiques les plus variés.

RAOUL CABROL

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Un artiste au grand coeur

Il naît le 12 mars 1895 à Curlande dans un milieu modeste. Né d'un père, postillon de diligence et d'une mère très jeune, Marie Monjaux. Après ses études à Rodez, il part pour Paris à l'âge de seize ans. Il crayonne des portraits aux terrasses des cafés et exerce de menus travaux pour survivre. En 1918 il épouse la jeune «Bertine» âgée de dix sept ans. En 1920 il passe son premier dessin au «Journal du Peuple», sa grande carrière journalistique commence. En 1921 il organise sa première exposition : 110 caricatures et dessins sont rassemblés et présentés sous le titre : «Masques et Sourires». Le ministre de l'Instruction publique préside au vernissage. L'exposition remporte un très vif succès et Cabrol est lancé. 

Les portes des rédactions s'ouvrent : Le Petit Parisien, le Matin, L'Intransigeant. Les journaux étrangers le sollicitent : Le New York Times, Life, The Graphic, The Sketch, Berliner Illuster, Le Soir de Bruxelles. En 1926 appellé par Vaillant-Couturier il renonce à toutes ses autres collaborations pour entrer à «l'Humanité» et suit les grands procès, les évènements politiques mondiaux, les manifestations artistiques et sportives. En 1939 il donne sa démission et collabore au «Canard enchaîné» et à «L'œuvre» d'avant la défaite. Recherché par la gestapo pour sa fameuse caricature d'Hitler , il se réfugie à Rodez, participe à la Résistance aux côtés du Docteur René Lachet. Après la guerre, il entre à «Franc Tireur» et revient au «Canard enchaîné». En 1947 il publie aux anciennes éditions Atlas, un ensemble de 32 caricatures et intitulé «En quatrième». Sa carrière brillante se poursuit et il n'est guère de journal dans le monde qui n'ait publié un de ses dessins; et toujours dans un souci de l'œuvre soignée. Le 13 septembre 1956 il meurt dans sa maison de Quincy-sous-Sénart.

En 1988 Bozouls a souhaité rassembler la plus grande partie de la collection de dessins laissés par Cabrol pour réaliser une exposition et mettre en valeur une œuvre inestimable. Depuis 2014 ont lieu à Bozouls les Semaines Raoul Cabrol, un festival de la caricature et une exposition sur l'oeuvre de l'artiste.

Marc-André fabre

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Poète "du Pays"

 
Né à Villiers-Saint-Georges le 23 avril 1894, Marc-André Fabre était de souche rouergate. Son enfance à Lagnac l'avait marqué d'une manière ineffaçable et c'est dans ce coin intime de la "petite patrie" qu'il revenait dès qu'il en avait le loisir. Il fit ses études à Rodez, à l'institution Sainte Marie, au Lycée puis au Grand Séminaire. Après un séjour au Séminaire Français de Rome, il est entré à l'école des Chartres où il acquit le diplôme d'archiviste paléographe.
 
Il mena désormais de pair son œuvre d'écrivain, à la fois historien, romancier et poète, et sa carrière administrative. Dans tous ces domaines Marc-André Fabre déployait la plus heureuse activité : conservateur en chef des Archives du Ministère de la guerre, officier de la Légion d'Honneur, commandeur des Palmes Académiques, croix de guerre du fait de sa conduite pendant la grande guerre, vice-Président de l'Association des Ecrivains Anciens Combattants. La liste des ses œuvres littéraires est longue : Croquis d'Orient, le marteau partagé, le visage de mon pays, au pays des Chardons et des Genevriers, les drames de la Commune…
 
Son attachement à la petite patrie se témoignait de toutes manières. Dans ses poèmes et beaucoup de ses livres, mais aussi dans le journalisme (il a collaboré au Journal de l'Aveyron, au Rouergue Républicain, au Rouergue Amicaliste). Il militait aussi au sein de la Colonie Aveyronnaise de Paris. Président durant de longues années de l'Amicale des Enfants de Bozouls, il avait contribué à la création de la Fédération des Amicales Aveyronnaises dont il est devenu le Secrétaire Général, en même temps qu'il dirigeait l'oeuvre des Petites Rouergats. Partout il donnait le plus bel exemple de dévouement au pays natal dont il voulait se faire partout et en toutes circonstances le fidèle servant. Marc-André Fabre est mort le 12 août 1959 à l'hôpital militaire Percy à Clamart. Son décès est intervenu le jour du rassemblement de la Fédération des Amicales.

Jean-Joseph PASSELAC

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Las Cazelles

 
Né au château de Peyroles, près de Bozouls, le 19 novembre 1773. Il débuta sa carrière des armes le 1er avril 1792, en qualité de sous-lieutenant au 24e régiment d'infanterie, qui fut incorporé, en l'an IV, à la 48e demi-brigade de Ligue. Pendant les guerres de la Révolution Française, Passelac fit avec distinction les campagnes de 1792 à 1806 aux armées du Nord, du Rhin, de Batavie, d'Helvétie et de Hanôvre. Fait prisonnier de guerre par les anglais le 3e complémentaire an VII, et rendu à la liberté le 15 vendémiaire an VIII. Il fut cité dans le rapport du général Andréossy, chef d'état-major de l'armée Gallo-Batave, pour son zèle et sa bravoure à la bataille de Nuremberg, le 27 frimaire an XII. Passé, en 1808, à l'armée d'Espagne, Passelac se distingua d'une manière toute particulière à la prise de Tarragone. A la bataille de Sagonte, à la tête d'un bataillon du 117e, il enfonça la réserve anglaise commandée par le général Black, et fut cité deux fois à l'ordre de l'armée. Il se signala de nouveau au passage du Guadalaviar, lors de l'investissement de Valence, à la tête de l'avant-garde composée de troupes d'élite. Adjudant-commandant le 11 janvier 1812, il se fit remarquer aux combat de Xucar et du col d'Ordal. Le général Harispe, qui lui avait confié le commandement d'une brigade de sa division, le proposa à plusieurs reprises pour le grade de général de brigade.
 
La paix était faite et le colonel Passelac fut renvoyé dans ses foyers avec le traitement de demi-solde le 1er avril 1814. Le 29 octobre de la même année, il reçut la croix de Saint-Louis. Remis en activité le 11 juin 1816, comme chef d'état-major de la 8e division, il passa aux même fonctions dans la 7e le 30 juillet 1817, fut mis en non activité le 6 mai 1818, et retraité le 24 avril 1822. Une ordonnance royale du 29 mai suivant, l'éleva au grade honorifique de maréchal de camp. L'empereur Napoléon III le fit officier de la Légion d'honneur. Le brave Passelac, surnommé Las-Cazelles, mourut au château d'Aubignac, près de Bozouls ou il est inhumé, le 20 septembre 1856.
 

DENYS PUECH

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Un sculpteur d'exception

 
Denys Puech naît à Gavernac le 3 décembre 1854. Son père, Jean Puech, est propriétaire d'une petite ferme où il élève quelques brebis. Sa mère, Rose Guibert, saura donner à ses quatre fils le goût de l'étude. Très jeune, Denys sculpte le bois en gardant les moutons sur le Causse et se découvre une vocation pour la sculpture, il entre aux Beaux-Arts en 1873. Grand Prix de Rome en 1884, il a par la suite cumulé fonctions officielles et récompenses : membre de l’Institut en 1905, directeur de la Villa Médicis à Rome (1921-23). Il est l’auteur d’environ 500 modèles regroupant statuettes, statues décoratives, bas-reliefs, médailles et surtout des bustes qui représente la moitié de son oeuvre. Son activité de portraitiste mondain lui a valu un grand succès et de nombreuses commandes de l’Etat. Il a ainsi créé des monuments pour de nombreuses villes françaises et étrangères. Du point de vue stylistique, il est toujours resté fidèle à l'académisme, rejetant toute novation. Au cours des dix dernières années de sa vie, il se retire dans une vie spirituelle et religieuse. Il s'éteint en décembre 1942, après une calme retraite aveyronnaise. Il reçoit des obsèques solennelles et de nombreux hommages officiels et personnels, mettant en évidence sa célébrité. Il voua à son Aveyron natal un respect qui ne s'est jamais démenti. En témoigne l'énergie qu'il consacra à l'édification du musée de Rodez qui porte son nom.
 

Bozouls compte un certain nombre de traces de l'artiste. Des réalisations : sculpture de la vierge dans l'église Saint Pie X, monument aux mort de la Place de la Mairie. Un espace de réunion et de travail lui est dédié ainsi qu'une rue du centre-bourg, la "rue des Frères Puech", qui rend également hommage à son frère aîné, Louis, député de la IIIe République. Le monument à la mémoire des Frères Puech, une stèle de granit bleuté ou est scellé un médaillon de bronze vert, sera prochainement réinstallé dans le parc qui jouxtera prochainement l'Espace Denys Puech.

LOUIS PUECH

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Un Bozoulais député de la "IIIe"

Son père, Jean Puech, cultivateur né à Saint Julien de Rodelle en 1810, épouse la jeune Rose Guibert en 1849, fille orpheline du tisserand Georges Guibert née à Gavernac en 1829, qui a hérité la maison familiale avec ses sœurs. Quatre fils sont issus de cette union : Louis en 1851 (avocat et député), Denys en 1854 (sculpteur), Germain en 1857 (médecin) et Henri en 1859 (resté cultivateur). Élevé dans la pauvreté de la terre et le respect du devoir, c'est grâce aux instances de sa mère, d'une modeste famille artisanale instruite, que Louis fait de bonnes études classiques au petit séminaire de Rodez. Devenu bachelier, il part faire son Droit à Paris (journaliste d'opinion pour gagner sa vie d'étudiant).
 
Avocat au barreau de Paris en 1880, il s'y marie en 1884 avec Juliette Meissonnier (née en 1867, élevée au couvent des Oiseaux). Ils auront cinq fils et une fille. Louis Puech se fait remarquer en plaidant diverses affaires politiques, notamment celle des mineurs grévistes de Decazeville en 1886, appelée aussi affaire Watrin, ainsi que la cause des anarchistes Monod et Lucas.
 
Conseiller municipal de Paris de 1893 à 1898, puis élu en 1898 député de la Seine (au 3e arrondissement de Paris) et réélu jusqu'en 1932, ayant voté la séparation de l'Église et de l'État en 1905 avec succès, Louis Puech est très diversement actif pendant plus de trente ans à l'Assemblée Nationale, rapporteur du Budget, vice-président de la Chambre, avec la réputation d'un homme probe et attentif. Il est ministre des Travaux publics, Postes et Télégraphes dans le deuxième gouvernement Aristide Briand, du 3 novembre 1910 au 24 février 1911.
 
Au cours de ses trente-quatre années de mandat, il fut inscrit aux groupes Radical-socialiste, Gauche radicale, Gauche radicale-socialiste, Républicain radical-socialiste, Radicaux de gauche.

HENRI VERNHES

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Le sculpteur rouerguat

Henri Edouard Vernhes naît à Bozouls en 1854 au sein d'une famille de huit enfants, fils d'Edouard Vernhes, maître tailleur de pierres et Julie Ricomes. Jusqu'à 12 ans il fréquente les bancs de l'école primaire de Bozouls, pendant l'été ses parents le louent dans les fermes du voisinage où il garde les brebis. Il est ainsi occupé aux travaux des champs jusqu'à l'âge de 17 ans. L'église Sainte Fauste située à proximité du domicile familial lui offre un espace d'imagination et de créativité, ses représentations constituent son initiation et petit berger se met à modeler avec de la terre glaise quelques effigies de vierges ou de paysans. Vernhes décide alors de présenter ses modestes essais à François Mahoux, célèbre sculpteur ruthénois. Ce dernier l'accueille avec bienveillance et le forme pendant 3 ans. Il acquiert au fil du temps une convenable maîtrise de son art. Il se risque ensuite à la vie parisienne. Afin de gagner sa vie il doit s'adonner à de rudes besognes dans l'industrie. Puis la chance joue en sa faveur. Parcourant les rues de la capitale, Vernhes aperçoit un sculpteur qui travaille au fronton d'une église. Le jeune homme plait à l'artiste qui l'embauche. Il se met alors à suivre les cours de l'école des Beaux-arts, fréquente le Louvre et la bibliothèque Sainte Geneviève. Enfin en 1875, à 21 ans, il est reçu à l'école des Beaux-arts. Par la suite il est membre de la Société Nationale des Beaux-arts et obtient le Prix Cabrol en 1913.
 
Henri Vernhes s'est essayé à plusieurs genres : le marbre et le bronze, la terre cuite et la cire. L'oeuvre de Vernhes : une série de marbres représentant des femmes nues dans des attitudes et des expressions diverses, des compositions de statuettes en cire, de nombreux bustes et portraits (enfants, jeunes paysannes...), commandes de l'Etat (statues de marbre). Dans le département : à Decazeville, le buste du docteur Cayrade qui décore la place publique; la fontaine monumentale qui se trouvait Place du Bourg à Rodez avant que les Allemands ne l'emportent en 1943. Les Musée de l'Etat et de plusieurs villes ont ouvert leurs portes à nombre de ses oeuvres, quelques unes ont même franchis les frontières en étant acquises par l'étranger.