Aveyron, 12

Patrimoine vernaculaire

FONTAINE DE LA CAUMESE

dscf4712.jpg

Cette fontaine a longtemps permis de désaltérer les troupeaux, mais pas seulement. Nombreux étaient ceux qui allaient, avant le repas, chercher un "pégal" de cette eau à qui chacun reconnaissait une fraîcheur particulière. Quelques-uns avaient même pris l'habitude, aux beaux jours de s'y retrouver à l'heure de l'apéritif. La bouteille de "jaune" demeurait cachée dans une anfractuosité du rocher. Le Pastis additionné d'eau de la Caumese prenait alors une saveur toute particulière.

Ces habitudes ont certes disparu mais la fontaine demeure un lieu de promenade ou de repos privilégié situé sur le sentier de randonnée n°2 (PR2) du site géologique. Sa situation offre une splendide vue sur la gorge qui s'ouvre à l'Est vers Bozouls et à l'Ouest vers Senteils. Le sentier est particulièrement ombragé. Chaque virage de son parcours sinueux permet une halte reposante et la découverte de la diversité remarquable des paysages et la végétation.

TRAVAIL À FERRER LES BŒUFS D'ABOUL

dghd_1.jpg

Dans nos campagnes, l'homme utilisait la force animale pour les travaux des champs; pour ce faire, les boeufs et vaches étaient ferrés. L'action de ferrer les onglons des ruminants consistait à poser des fers pour éviter l'usure de la corne.

Pour cette opération, les paysans utilisaient des appareils nommés "travails". Ils étaient formés de quatre montants de bois, portant deux rouleaux munis de sangles qui servaient à soulever et maintenir les animaux dont les cornes étaient, dans certaines régions, attachées à une têtière de bois ou de fer. L'arrivée des tracteurs agricoles a progressivement fait disparaître de nos villages ces installations à partir du milieu du XXe siècle. Aujourd'hui, il en reste peu et souvent en très mauvais état.

Pour la restauration du dernier "travail" d'Aboul, la volige a été changée et couverte par des ardoises du Causse. Le sol cimenté s'est transformé en une jolie calade et un mur interdisant l'accès aux animaux permet aux randonneurs d'apprécier la beauté du village.

Aigadier du Gibrou

photo_034_1.jpg

Ouvrages d'arts anciens, ce mot occitan vient d'aiga = eau. Un aigadier est donc une ouverture au bas d'un mur pour évacuer les eaux. Le mot s'utilise aussi pour désigner un conduit ou un double-conduit, parfois même triple, construit en pierre sèche qui permet à un chemin d'enjamber un ruisseau.

L'aigadier du Gibrou comporte trois conduits parallèles qui permettent aux eaux du ruisseau d'accéder à la vallée du même nom pour rejoindre le Dourdou. Ces trois aqueducs permettent surtout à la route de franchir le ruisseau sans que les conducteurs le réalisent. Suite à des travaux de restauration effectués en 2013, les aigadiers, inscrits dans le riche patrimoine local ont été bien entendu conservés, renforcés, consolidés. Ils sont parés pour faire face aux prochaines crues du Gibrou et attirent un peu plus l'attention des amoureux du petit patrimoine bâti