Aveyron, 12

Archéologie

Le sous-sol livre les secrets de l'Histoire de Bozouls

Si la découverte de l'agglomération donne à première vue l'image d'une cité moderne, BOZOULS possède une histoire riche qui trouve ses origines dans un passé très ancien.
Le quartier de l'ancien château a accueilli les premières implantations humaines à BOZOULS. Cette presqu'île rocheuse formant un « cap barré » constituait, en effet, en elle-même un moyen de défense naturelle contre les assaillants.
Un château médiéval a trôné sur la partie centrale du quartier. Nous savons à présent qu'il a été construit sur un appareil de murailles qui lui étaient bien antérieures puisqu'elles peuvent être attribuées à l'époque gallo-romaine.
Cependant jamais aucune fouille, aucune recherche n'avait été entreprise jusqu'alors afin de mieux connaître ce passé très lointain.
En 2013, tout a évolué. Le voile a commencé à se lever au gré de découvertes passionnantes qui ont vu le jour sur deux lieux différents.
Tout d'abord, à la faveur d'une demande de permis de construire sur une parcelle classée dans le périmètre « réserve archéologique » du PLU, des fouilles ont permis de découvrir le fossé du château entaillé dans la roche de manière régulière. De nombreux prélèvements d'objets et de céramiques ont été effectués. Ils font l'objet d'une analyse par le service départemental d'archéologie.
En parallèle, des travaux entrepris par l'équipe technique municipale dans le but d'aménager l'espace situé entre l'église Sainte Fauste et la Chapelle du Saint Esprit, ont mis à l'air deux très belles pierres tombales, dont l'une est ornée d'une sculpture. Monsieur Laurent FAU Directeur départemental du service archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles a missionné l'entreprise spécialisée HADES qui, pendant trois jours, avec l'appui de l'équipe municipale a exhumé ces dalles. Les fouilles ont, en outre livré des couvercles et cuves de sarcophages, et de nombreux ossements.
 
 
détail fosse

Sondages archéologiques Rue du Château à Bozouls

Le service départemental d'archéologie du Conseil Général de l'Aveyron a effectué un diagnostic archéologique sur le territoire de la commune de Bozouls du 4 au 6 juin dernier, en amont de l'aménagement d'une maison individuelle et sur prescription de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (D.R.A.C.).
Localisée dans le périmètre supposé du château médiéval, et plus particulièrement contre le mur interprété comme le rempart de celui-ci, l'opération visait à évaluer la conservation d'éléments archéologiques pouvant attester de la présence de cet édifice et de tenter de proposer le cadre chronologique de son occupation.
 
Trois agents du service départemental accompagnés d'un topographe, et avec l'appui d'une entreprise de travaux publics locale, ont pratiqué un sondage perpendiculairement au long mur maçonné bien connu des habitants et des visiteurs. Ce sondage a permis aux archéologues d'appréhender le profil d'un fossé, de 4.50 m de large pour une profondeur de 1.50 m en moyenne, creusé parallèlement au rempart. La fortification repose directement sur la roche à l'aplomb du fossé. De multiples tessons de céramique, associés à des ossements d'animaux parfois brûlés, montrent que le fossé a servi de dépotoir avant son colmatage. L'homogénéité de la céramique semble indiquer un entretien régulier du fossé sur le long terme mais une condamnation définitive dans un délai relativement bref autour du XIIIe siècle.
 
Un autre intérêt de cette opération porte sur l'étude du monumental mur maçonné présent dans cette parcelle et interprété comme le mur du rempart médiéval protégeant et contrôlant l'accès au promontoire rocheux sur lequel se trouvaient le château et l'église Sainte-Fauste. Si ce mur a effectivement bien joué un rôle dans la défense médiévale, son examen attentif suggère une origine plus ancienne, vraisemblablement gallo-romaine. Le développement de l'ouvrage, en appareil cyclopéen rectangulaire, est d'environ une trentaine de mètres. Il s'interrompt à ses deux extrémités bien avant la bordure du plateau, avec à l'extrémité nord-ouest un net retour d'angle difficilement compréhensible dans le cadre d'un rempart antique. En revanche, la base de l'appareil, munie d'une semelle débordante avec une feuillure de réglage sur sa face supérieure, est incontestablement en place. Il ne s'agit donc pas de blocs réemployés. Le tout n'est pas sans évoquer, le soubassement d'un imposant monument antique se développant dans la parcelle contigüe plus au nord, peut-être un temple érigé au cœur du canyon de Bozouls. Des fouilles complémentaires sur la parcelle arrière de cette élévation serait d'un grand intérêt pour l'histoire de Bozouls et permettrait de valider ces premières hypothèses.
 
Christophe Saint-Pierre et Philippe Gruat,
Service Départemental d'Archéologie du Conseil Général de l'Aveyron.

La dalle à la croix hampée

La dalle découverte en octobre 2013 aux abords de Sainte Fauste est à présent exposée à l'intérieur de l'église. Il est trop tôt pour connaître avec précision son origine et la signification des sculptures.
 
Il s'agit d'une pierre tombale en calcaire jaune ornée d'une croix hampée s'inscrivant dans un cercle présentant sur un coté, au niveau de la hampe, une croix à huit branches rappelant les croix des hospitaliers. Cette dalle présente donc un décor exceptionnel qui est attribuable à la période médiévale. Cette découverte s'inscrit dans un contexte d'une nécropole située sur le côté nord de l'église Sainte Fauste qui a livré par ailleurs un couvercle et deux cuves de sarcophages datables des XIIe XIIIe siècles.