Aveyron, 12

La commune

Entre Rodez et Espalion, le Causse Comtal étend à l'infini ses vastes solitudes, domaine des genévriers et des petits chênes tortueux, dissimulant çà et là quelques curieuses petites cabanes 'Les Cazelles', dont les épaisses lauzes ont longtemps abrité des générations de bergers. Et c'est dans ce décor, austère en apparence, mais particulièrement attachant pour l'amateur de calme et de grands espaces, que brusquement, à une vingtaine de kilomètres de Rodez, apparaît Bozouls, porte du Haut Rouergue.
 
Il suffit en effet, au carrefour de La Route d'Argent, de quitter la nationale pour découvrir quelques centaines de mètres plus loin un site prestigieux, l'un des plus curieux de l'Aveyron sinon de France. Ce ‘'site classé'' peut en effet, grâce à son abîme impressionnant “le Trou de Bozouls” revendiquer à juste prix l'une des toutes premières places parmi les “curiosités naturelles” de la région.
 
promontoire

 

La configuration géographique du site de Bozouls en a fait , de tout temps, une incomparable position de défense. Le premier village et son château, construits sur l'éperon rocheux, seulement accessibles par le sud, étaient ainsi fort bien protégés.

Baozol, Boazon, Boadonis, Bouzonem, tels furent à travers les âges ses diverses dénominations, le nom actuel Bozouls date du XVII ème siècle, vers 1650, et signifierait "pays des boeufs".
Le château semble avoir existé dès le IX ème siècle; il figure parmi les possessions que le Comte de Rodez, Hugues IV, mort en 1275, énumère dans son testament. Sa petite fille, la Comtesse Cécile, qui épousa en 1298 le Comte Bernard d'Armagnac, connétable de France, en fit sa résidence privée, tout comme son fils Jean IV. Le Comte Jean V et son frère Charles s'étant révoltés contre le roi Louis XI, leurs biens furent confisqués, et Bozouls donné en 1485 à Louis de Brussol, Sénéchal du Poitou.

 

Quatre ans plus tard, en vertu d'un arrêté de Paris, Bozouls comme les autres places-fortes de Rodez et de Gages, était rattaché à la couronne de France. Au cours des guerres de religion de 1569, Bozouls fut pris par le calviniste Capitaine du Ram, venu de Millau, pour passer de1609 à 1750 aux mains de la famille de Fleyres, originaire de l'Albigeois, dont l'écu était barré d'or et gueule. Il ne reste pratiquement rien du château, en dehors de quelques blocs cyclopéens, vestiges de son système de défense, mais on continue à appeler “le château” le vieux village jadis bâti autour de ses remparts.

Au fil des siècles, les maisons ont essaimé vers la rive droite du Dourdou, d'abord à l'ombre de deux tours médiévales, sans rapport apparent avec l'ancien château puis ont escaladé la pente pour s'étendre en bordure du plateau. Sur le plateau, dont l'altitude moyenne est de 500 m, lotissements et maisons individuelles se développent rapidement ;une cité nouvelle étend ses ramifications le long des routes rayonnant autour du carrefour de La Route d'Argent. Cette dispersion apparente n'enlève cependant rien au charme du nouveau bourg, qui se veut calme et accueillant et qui s'ingénie à offrir à tous, dans un cadre de vie agréable, des distractions intéressantes et variées.

Place des tours
Si l'on ajoute à cela les diverses possibilités de pêche et de promenade et, ce qui n'est pas négligeable, une table riche, saine et raffinée, on comprend que le Bozouls “moderne” et l'ancien se complètent harmonieusement pour former un chef-lieu de canton de près de 3000 habitants propre à attirer et, de plus en plus, à retenir les visiteurs.
 
Mais Bozouls ne vit pas seulement l'été; son artisanat traditionnel a évolué, les petits ateliers sont devenus de florissantes entreprises spécialisées pour la plupart dans le travail du bois, l'imprimerie et l'informatique, et la mise en place de la vaste zone artisanale des Calsades offre de nouvelles possibilités. Ce développement rapide du nouveau Bozouls, en bordure de l'axe de la “Route d'Argent” ne devra pourtant pas étouffer la vieille agglomération moyenâgeuse et son “Canyon - Trou de Bozouls” .